06/09/2010

Émotions des Belges face à la crise : respect et fatalisme

Une équipe de chercheurs en psychologie sociale de la KULeuven, de L'UCL et de l'ULB a mené en mai de cette année une étude sur les attitudes, perceptions et émotions des Belges (francophones et néerlandophones) par rapport au conflit communautaire et à leurs relations à l'autre communauté linguistique.

Résultat ? Les antagonismes semblent bien moins forts qu’il n’y paraît.

 

Au total, 1078 francophones et néerlandophones, provenant de différentes orientations politiques, ont été interrogés en mai 2010. Une enquête qui a été conduite au lendemain de la chute du gouvernement d’Yves Leterme, jusqu’à la veille des élections anticipées. Le but ? Connaître le sentiment des Belges face au conflit communautaire actuel, déceler leurs émotions face à l’autre communauté linguistique et percevoir leurs perspectives quant à l’évolution de la situation.

 

Les résultats de cette étude sont inattendus, a fortiori dans le contexte politique belge actuel, marqué par une rupture de confiance entre les représentants politiques des deux communautés. Les chercheurs notent, entre autres :

·  l’attachement général à la Belgique d’une grande majorité des personnes interrogées (même si cet attachement est légèrement plus élevé chez les Francophones)

·  une surestimation des émotions négatives attribuées à l'autre groupe vis-à-vis du sien (chaque groupe linguistique se croit l'objet d'émotions plus négatives que celles qui sont exprimées réellement par l'autre groupe). Parmi les émotions principales qui ressortent à l’égard de l’autre communauté, on note le respect, la sympathie et l’admiration (sauf pour les sympathisants de la NV-A qui ressentent davantage de colère, de frustration mais aussi de respect). La notion de respect revient chez tous

·  en termes d’avenir, un désir de davantage d'autonomie des régions de la part des deux communautés. Une envie à laquelle vient néanmoins se superposer une autre option, et ce, dans tous les groupes interrogés (à l'exception des sympathisants de la NV-A) : celle qui envisage le rapprochement des régions dans le but de fonder un gouvernement plus unifié

·  l’option d’un recours à la force n’est pas une action envisageable par les personnes interrogées. Les négociations sont toujours préférées.

·  les membres des deux communautés considèrent que les Néerlandophones ont davantage souffert des actions des Francophones au cours de l'histoire de la Belgique que l'inverse

 

De manière générale, les chercheurs dénotent un écart flagrant entre les craintes des personnes interrogées (on note un fort sentiment de fatalisme) et leurs souhaits quant l’avenir du pays. Le sentiment personnel des répondants ne leur parait pas être dans la ligne du probable, du réalisable.

 

Premier rapport intermédiaire :

http://www.psycho-psysoc.site.ulb.ac.be/images/stories/ok...

11:45 Écrit par Michel dans politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : crise, ucl |  Facebook |

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