15/10/2010

« Les 12 principes », l’erreur stratégique de la NVA

Les francophones sont quelques uns à s’étonner plus ou moins ouvertement du creux des idées de la NVA. Un négociateur raconte : Dès lors qu’on aborde concrètement les choses, il n’y a plus rien. On leur dit « ok, régionalisons les soins de santé mais explique moi en quoi ça ira mieux qu’actuellement » et on constate qu’ils ne connaissent rien du fonctionnement actuel de nos hôpitaux !

Ce sentiment est entendu de toutes parts chez les francophones. Mais évidemment plus difficile à vérifier chez les flamands.
On peut toutefois se demander pourquoi les choses coincent à ce point. Après tout, si les négociateurs NV-A sont si mauvais, il ne doit pas être difficile de le rouler dans la farine…

Un observateur abonde dans ce sens: Les nationalistes ont commis une erreur stratégique qui les coince : accepter les 12 principes (lire plus bas). Ils ne peuvent pas en sortir maintenant.

La NV-A inspirée par Reynders ?

C’est écrit plus haut, les partis flamands s’étendent moins sur les compétences internes à la NVA. Un observateur avisé des Kern a un autre point de vue sur les Oui-Non de Bart de Wever.
En fait il applique la méthode Reynders, mais avec moins de talent. Quant on commence une négociation avec Reynders, il te fait toujours croire que tout va bien, que fondamentalement on est d’accord et qu’il n’y a qu’à le couler dans le bronze. Et c’est à la fin qu’il met des règles, des conditions … et qu’il faut être vigilant ! J’imagine assez bien Bart et ses gars faire de pareil, mais sans duper Elio ou Joëlle.


Si, comme moi, vous ne n’avez pas retenus les principes par cœur, les revoici (trouvés dans le rapport intermédiaire du High Level Group).

- Accroître l’autonomie financière des entités fédérées, notamment en augmentant significativement leurs recettes propres ;

- Éviter une concurrence déloyale ;

- Maintenir les règles de progressivité ;

- Ne pas appauvrir structurellement une ou des entités fédérées ;

- Assurer la viabilité à long terme de l’Etat fédéral et préserver ses prérogatives fiscales liées à la politique de redistribution interpersonnelle ;

- Renforcer la responsabilisation des entités fédérées en lien avec leur compétences et leurs actions, en tenant compte des situations différentes de départ et en intégrant divers paramètres de mesure ;

- Tenir compte des externalités, de la réalité sociologique et du rôle de la Région de Bruxelles-Capitale ;

- Prendre en compte des critères de population et d’élèves ;

- Maintenir une solidarité entre entités, exonérée d’effets pervers ;

- Assurer la stabilisation financière des entités ;

- Tenir compte des efforts à accomplir par l’ensemble des entités pour assainir pour assainir les finances publiques

- Vérifier les pertinence des modèles proposés à travers des simulations.

Le rapport complet en PDF :

http://www.lesoir.be/mediastore/_2010/octobre/du_1_au_10/...

 

12:37 Écrit par Michel dans politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : nva, reynders, négociation |  Facebook |

Commentaires

Le Plan B, je trouve aussi que c'est une stratégie de communication. C'est, selon moi,une manière de mettre la pression sur Bart De Wever. Et le citer comme "incontournable" aussi. Car il ne l'est pas, puisque arithmétiquement on peut faire sans lui.

Le Plan "B" c'est impossible, on ne sait même pas s'arranger pour diviser des priorités. Alors, diviser... un pays! Regardez les cartes! Le Plan B en Flandre ou aux Pays Bas (hypothèse rattachiste), c'est avec Brussel incluse! Le Plan "B" en Wallonie, ou en France (hypothèse rattachiste), c'est avec.. Bruxelles aussi! Jamais on ne pourrait, aujourd'hui, s'entendre sans se déchirer complètement , inutilement, tout le monde le sait. Je m'étonne encore qu'une si débile hypothèse ait droit à autant de temps d'antenne. Ce n'est qu'une tactique transparente.

Depuis le 13 juin, je dis à mes enfants que De Wever hésitera entre le pouvoir et l'opposition, puisque derrière lui son équipe est réduite et pas du tout participationniste. mes enfants ne comprennent pas ce que je raconte.
Je leur dis que tout le monde va lui mettre la pression pour le pousser à la faute puis faire un gouvernement d'union nationale SANS lui.
Juré, je le dis depuis juin.

Pas sûr que ça arrive, mais ce n'est toujours pas exclu.
C'est la grenouille (pleine de voix) qui veut se faire aussi grosse que le bœuf. Elle fait la pluie et le beau temps (voir dessin "kikvors" sur mon blog).
On attend juste qu'elle tombe, comme Leterme autrefois.
Car si le flamand vote émotionnellement, il est très "cric crac" si son poulain, son chouchou n'est pas à la hauteur. Et alors la confiance fond.
De Wever pourrait bien tomber comme un fuit blette, trop mûr et encombrant.

Alors comme par magie, tout sera prêt. Di Rupo en permier ministre, les autres en rang serré, pour un gouvernement "pas sexy" mais efficace (obligatoirement), obligé de régler l'institutionnel vite et bien (durablement) puis le côté économique AVANT les communales. 2 ans de travail ardu.
C'est le seul moyen de reprendre des voix à la NVA.

Être plus efficace que la NVA, changer ensuite de sujet, le bon vieux débat gauche-droite ou un truc du genre, avant les élections.

Coup d'oeil rétrospectif: Si on réfléchit bien, c'est la même histoire qu'avec le Vlaams blok - Belang. Le cordon sanitaire l'avait renforcé, zut alors, donc tout le monde a adopté son langage et ça a un peu marché. Surtout pour la NVA. Alors tout le monde a pris le langage de la NVA. Mais sans pour autant penser COMME la NVA. Maintenant (je me mets à la place des partis flamands), il faut récupérer le cerveau des gens, leur montrer que le vote utile est parmi les partis "classiques"...

Écrit par : Benoi | 16/10/2010

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